Mario D'Eercommuniquez avec moi

Enseignant, auteur, biérologue

La bière belge


La bière puise sa source de l’autre côté de l’écriture., il y a de cela plusieurs milliers d’années. Dans sa longue histoire, elle a surtout été considérée comme un aliment plutôt qu’une boisson. Puis Pasteur, la Révolution industrielle et le grand raz-de-marée des «fermentations basses» s’en sont mêlés. La noble boisson est devenue une simple boisson. Le XXe siècle nous a offert le développement de la bière désaltérante, la reine des boissons «étanche-soif» sur cette planète incertaine. Cette vague arrosa tous les brasseurs. Enfin tous, sauf les irréductibles brasseurs Belges qui, fidèles à leurs traditions séculaires, continuaient de brasser un pain liquide. (Nous savons toutefois très bien que la relation est exactement l’inverse: «le pain; c’est de la bière solide!» mais cela est une toute autre histoire).

Voilà justement ce que signifie la bière belge pour moi; qu’elles soient brassées à Bruxelles,en Flandre, en Wallonie ou en Amérique du Nord les bières de la Belgique sont les premières bières sur terre à nous offrir cette richesse de saveurs nous permettant de les convier à partager le repas avec nos invités!

À l’aube d’un nouveau millénaire, un vent d’effervescence balaya le globe. Plusieurs personnages romantiques se sont transformés en brasseurs. Ils s’inspirèrent des trois grands axes d’influences brassicoles: l’héritage allemand, l’héritage britannique et, que Saint-Arnould soit loué, l’héritage belge. Les deux premiers offraient de beaux modèles «d’enjoliveurs de soif» tandis que le troisième proposait la savoureuse option «gastronomique.». Voilà justement ce que signifie la bière belge pour moi; la gastronomie de et à la bière.


Les bières belges, qu’elles soient brassées en Belgique ou en Amérique du Nord, sont les premières bières au monde offrant les riches saveurs de la dégustation, celles que l’on invite à la table pour enjoliver, non pas la soif, mais le repas au complet! La variété de styles que nous propose la Belgique nous permet de réhabiliter la bière à titre de noble boisson. Pour l’apéritif, vive la blanche (bien que l’été, une Rouge des Flandres...); au premier service (salades ou crudités), servons une pils bien houblonnée; pour le repas principal, nous optons pour un triple ou encore l’une de ces bières fortes bien épicées, en fonction de la viande servie. Le mariage des fromages aux bières Trappistes ajoute aux repas une touche tout simplement divine. Au dessert, nous décapsulons une double ou encore une Scotch Ale (que l’on ne retrouve principalement qu’en Belgique!) ou une Kriek/Frambozen-Lambic ou «Kriek/Frambozen-des Flandres». Pour terminer la soirée, vive une «brune forte» en guise de digestif radieux qui nous donne l’impression de boire dans un ermitage...


Elles partagent également mes plus profondes raisons d’être sur terre: «Est-ce que je bois pour vire ou est-ce que je vis pour boire?»
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Rédigé en 1997 pour l'Association des Brasseurs Belges