Mario D'Eercommuniquez avec moi

Enseignant, auteur, biérologue

Düsseldorf, une soirée mémorable


L'hotellier s'empressa de nous donner une carte de la ville en nous indiquant le chemin à suivre pour nous rendre au coeur de l'action. Comment savait-il que nous venions pour les brasseries?
Nous avons vite constaté qu'il était préférable de commander les verres en double, puisqu'ils ne contenaient à peine 20 cl..
Il ne le savait pas. Il existe des brasseries partout dans cette ville, y compris au coeur de l'action. Lorsque nous sommes arrivés dans les vieux quartiers, sur le bord du Rhin, il nous semblait qu'on y tenait des partys privés partout. Au premier pub, nous constations que les serveurs transportaient des cabarets pleins de verres remplis à ras le bord. Elle ne mousse pas trop la Altbier et il est ainsi possible de souligner le rebord avec le liquide. Ils les distribuaient comme on le fait habituellement dans les cocktails. Allons alors au prochain pub, juste à côté. Malchance! Encore un party privé. L'histoire se répéta au troisième, puis au quatrième jusqu'au moment où Alain Geoffroy me dit: «Mais ma foi, c'est peut-être le même type de service qu'au U'Fleku à Prague?»

C'était le 5 à 7, les brasseries étaient pleines, les terrasses débordantes et la joie de vivre contagieuse. On ne sert que la bière brassée sur place, qu'on débite directement, à la chaine, du tonneau de bois placé sur le zinc. Pas besoin donc de demander le choix au client. Et ça roule pas à peu près pendant le happy hour, qui doit certainement durer jusqu'à minuit. Le garçon fait tout simplement une marque sur le sous-bock pour indiquer le nombre de verres livrés à notre table. On acquitte tout simplement la facture au moment de quitter les lieux. Nous avons vite constaté qu'il était préférable de commander les verres en double, puisqu'ils ne contenaient à peine 20 cl.. Nous avons visité plusieurs autres brasseries ce soir là. Il était facile de constater la ressemblance entre toutes les marques, tout en réalisant qu'il existe bel et bien un style «Altbier». De toute évidence, il s'agissait là de l'interprétation allemande de la Pale Ale anglaise. Ou était-ce l'inverse? Nous devons nous rappeler qu'avant l'emploi du houblon dans les bières britanniques, on aromatisait surtout avec du romarin alors qu'aujourd'hui c'est le houblon qui est la fleur reine! comme en Allemagne...

Ce que je retiens de cette très belle soirée? Alors que de ce côté-ci de l'Atlantique, nous nous posons des centaines de questions existentielles sur la définition des styles de bières, pendant qu'Alain et moi philosophions sur la ressemblance avec l'Alt de la défunte brasserie Aux 4-Temps, les autochtones se contentaient de les écluser, tout simplement, sans autre cérémonie.