Mario D'Eercommuniquez avec moi

Enseignant, auteur, biérologue

Confusion sur des bières des grandes brasseries industrielles


C’est toujours bien embêtant pour un auteur de se faire prendre en défaut. Je dois présenter en toute humilité, mes excuses les plus sincères aux lecteurs de cette chronique. Alors que l’heure de tombée sonnait déjà pour l’édition du 18 août, je me suis entremêlé dans les phrases et virgules en ne prenant pas soin de relire mon article. Je profite de l’occasion pour répondre à ces fins observateurs que sont les représentants de la Porte des bières, de Saint-Jérôme, que je vous recommande fortement au passage. J’ai entre autres confondu une pêche à un abricot ainsi qu’une Tornade de Molson et une Boomerang de Labatt.

Je fus ma foi fort estomaqué de constater que deux bières courtisant la même clientèle, la Molson Export et la Labatt 50 se distinguent grandement l’une de l’autre.

Confondre une bière de la brasserie Labatt avec l’une de la brasserie Molson…ce n’est pas la première fois que la chose m’arrive. En toute honnêteté, j’ai fait beaucoup de millage sur la ressemblance qui existe entre les produits des grandes brasseries commerciales. On boit d’abord l’étiquette, par association avec l’image qu’elle projette. Lorsque j’usais les bancs de l’Université de Montréal, je buvais la même bière que Plume Latraverse : la Black Label. Elle ne faisait alors l’objet d’aucune campagne de publicité. J’optais pour cette dernière justement parce que personne, ou presque, ne la buvait! Ce n’était toutefois pas par souci d’affirmer ma différence mais simplement parce que je savais qu’elle avait eu amplement le temps de refroidir. Je pouvais alors obtenir une bière bien froide lors des chaudes journées estivales sur la rue Saint-Denis. À cette belle époque, notre groupe se composait de joyeux fêtards qui affectionnaient la Laurentide, de vrais hommes qui choisissaient la Molson et des fervents des Nordiques de Québec, qui optaient pour la O’Keefe. De son côté la Budweiser recrutait des adeptes avec le son rock.


Enfin, mon discours a considérablement changé depuis quelque temps vis-à-vis les géants brassicoles : leurs bières goûtent souvent différentes. Je fus ma foi fort estomaqué de constater que deux bières courtisant la même clientèle, la Molson Export et la Labatt 50 se distinguent grandement l’une de l’autre. La première est beaucoup plus sucrée que la deuxième! De plus, le houblon de la Labatt 50 est tellement évident et facile à reconnaître! Impossible de se tromper à l’aveugle. Devinez maintenant qu’elle marque de bière je demande à mon dépanneur à Bouchette, qui n’offre que les marques des grandes brasseries? Je viens également de compléter une dégustation de toutes les bières en vente au Québec, en collaboration avec M. Alain Geoffroy. Nous avons ainsi constaté, non seulement la grande variété de saveurs qui peuvent les distinguer l’une de l’autre, mais on retrouve aussi fréquemment de l’âcreté dans ces produits.


Pour ce qui est de l’interprétation de la bière aux fruits Marry-Anne, je dois ici réitérer mon scepticisme Ce n’est pas parce qu’il y a du malt, du houblon et de la levure qui se retrouvent accidentellement dans mon café le matin qu’il devient ipso facto une bière! Lorsque nous considérons le nombre d’ingrédients présents dans la fameuse boisson, nous remarquons que le malt arrive bien loin dans la liste. Pour être une bière, je suis d’avis qu’il devrait se retrouver en deuxième, ou au pire, en troisième position, après l’eau, qui en est le principal ingrédient. Ni sa couleur, ni ses saveurs n’évoquent une quelconque affinité avec la bière. Je tiens ici à souligner que le produit originel, L’Allégria, ne porte pas lui, le mot bière sur l’étiquette! Disons que si je buvais ce produit, je se serais pas en mesure d’établir un lien avec la noble boisson. Ce n’est pas parce que le mot «bière» est imprimé sur l’étiquette que la boisson en devient automatiquement une. C’est la même chose pour la Labatt Bleue; ce n’est pas parce que le mot «Pilsener» figure sur la bouteille qu’il s’agit d’une pilsener! Mais c’est une toute autre histoire que nous aurons l’occasion d’explorer dans une future chronique.

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rédigé en 2000