Mario D'Eercommuniquez avec moi

Enseignant, auteur, biérologue

Le château Traquair


Nous planifiions, Alain Geoffroy et moi, ce voyage depuis longtemps: la Grande-Bretagne. Notre itinéraire nous offrait l'option de choisir l'une de ces deux villes: Dublin ou Édimbourg. La lenteur de Guinness à confirmer notre demande de visite, jumelée à la constatation que nous allions consacrer plusieurs heures à observer des vagues sur un traversier (alors que pendant la même durée, nous pouvions visiter quelques pubs le long du trajet routier...), nous fit opter pour Édimbourg. De son côté, la réponse de lady Catherine Maxwell Stuart, héritière de la dernière famille royale écossaise, ne se fit pas attendre. Elle confirma notre rendez-vous le lendemain de notre demande.
L'une des conventions diplomatiques que nous appliquons lors de nos visites est de ne jamais demander de souvenirs gratuits.

La route qui mène à Innerleithen évoque les chemins secondaires des Laurentides. C'est beau et romantique. Voyageant hors saison, nous ne fûmes pas surpris de constater l'absence de vie humaine apparente devant le château. Les canards et les oies se pavanaient partout sur le terrain, indifférents à notre présence. Il nous suffisait de nous rendre à la brasserie. Plus facile à imaginer qu'à exécuter car, malgré la réputation internationale de la maison de transformation de l'eau, aucune affiche ne vient nous faciliter le trajet. J'hésitai à suivre Alain lorsqu'il se dirigea vers le ruisseau à gauche, alors que manifestement, les nids des bêtes à plumes y abondaient. Dans ma logique on s'éloignait de la brasserie. Qui plus est!: plus nous nous approchions du coin de l'édifice, plus une tonitruante musique rock, «live», se faisait entendre. Le brasseur nous attendait derrière une porte verrouillée, jammant avec un copain.

Nous y découvrîmes une minuscule brasserie d'un autre siècle, utilisant toujours un Baudelot pour refroidir le moût! Dans des fûts de chêne ouverts, nous pouvions apercevoir de l'autre côté de la porte vitrée des «Traquair House Ale» en train de convertir leur sucre. Nous ne pouvions toutefois pas visiter la salle puisque le brasseur n'avait pas la clé, contrôlée qu'elle était par the Laird (lady Maxwell Stuart), alors absente. Nous y découvrîmes également, surtout, une somptueuse bière nommée «Jacobite». Nous nous sommes assurés de faciliter sa venue à Festibière l'année suivante.

L'une des conventions diplomatiques que nous appliquons lors de nos visites est de ne jamais demander de souvenirs gratuits. Nous offrons toujours de payer. Naturellement, l'une des conventions que les brasseries appliquent lors de nos visites, est de ne jamais nous faire payer. Lorsque nous avons offert de régler la facture chez Traquair, eh bien! Nous avons payé! :-) Nous avons appris par la suite qu'il s'agissait là d'un trait de personnalité des Écossais: ils savent compter.