Mario D'Eercommuniquez avec moi

Enseignant, auteur, biérologue

La route belge de la bière



Pour un grand nombre de lecteurs de cette chronique et surtout pour son auteur, la Belgique représente le Pays de la bière. Enfin, je suis de plus en plus convaincu que le Québec surpasse la Belgique (et tous les autres pays de cette terre incertaine) à ce chapitre, mais cela est une toute autre histoire qui n'a rien à voir avec celle que je veux vous raconter aujourd'hui. C'est le temps des vacances; c'est le temps de s'amuser, dixit Pierre Lalonde. Pour m'amuser et, je l'espère, vous divertir un peu, voici une histoire vraie, vécue par votre humble serviteur dont le héraut est justement lui-même. En fait le titre ce cette chronique aurait pu s'appeler «Une beuverie mémorable...».


Organiser le circuit «La route Belge de la bière» fut un jeu d'enfant, si je peux m'exprimer ainsi pour parler de la bière. En compagnie du rédacteur en chef de BièreMAG, Alain Geoffroy, nous devions d'abord faire un voyage exploratoire... Avec trois caisses de magazines sous les bras, inutile de vous raconter comment nous fûmes accueillis de l'autre côté de cette vaste étendue d'eau nommée l'Atlantique! Nous avons tant reçu de caisses de bières qu'il fût impossible de tout rapporter à la maison. Quelle ivresse!

Qu'à cela ne tienne! Après notre bref séjour dans ce pub que chérissait Brel, nous nous sommes immédiatement dirigés vers la brasserie Cantillon.

Le pèlerinage s'amorçait le printemps suivant. Déjà le départ annonçait l'effervescence du périple: cinq pèlerins quittaient Québec, deux apôtres s'envolaient de Toronto, cinq troubadours partaient d'Ottawa tandis que le reste de la horde s'ameutait de la grande région de Montréal.


Le lieu de rencontre de ce grand rassemblement? Un estaminet en plein coeur de Bruxelles, derrière la Grand'Place. Après six heures d'avion, la déshydratation, le décalage horaire et bien sûr une nuit blanche (à boire sur l'avion), rien de mieux pour une résurrection qu'une bonne bière à l'auberge de la Mort Subite! Il n'y a pas de plus bel endroit pour faire connaissance. Qu'à cela ne tienne! Après notre bref séjour dans ce pub que chérissait Brel, nous nous sommes immédiatement dirigés vers la brasserie Cantillon, aussi connue sous le nom du Musée de la Gueuze. Et bien là mes amis, le groupe s'est divisé en deux: d'une part ceux qui aimaient, d'autre part ceux qui détestaient. Aucune indifférence ici. En d'autres mots, la moitié du groupe a continué à boire tandis que l'autre a modéré... pas pour longtemps.


Puis ce fût le Roi d'Espagne, le siège social du groupe Interbrew (qui a acheté depuis la brasserie Labatt) et le pub la Bécasse, perdue dans le fond d'une ruelle en plein coeur de la capitale. Oh mes amis! Qu'il s'en est bu de la Gueuze Bécasse et de la Triple de Westmalle dans cet antre sacré de la bière! Un des nôtres a même troqué sa chemise arbhorant la bière Corona contre trois pichets de Gueuze (qu'il ne pouvait pas boire seul, quel bonheur!). Et devinez quoi? À notre sortie du célèbre oiseau, nous rencontrâmes une sorte de dépanneur qui offrait à nos papilles au moins 200 sortes de bières différentes...


Précisons ici que l'auteur de ces lignes n'était déjà plus en mesure de prendre des notes. Le reste de l'histoire, on me l'a raconté. Les touristes ont acheté les plus belles étiquettes offertes sur les étalages. Puis nous nous sommes retrouvés dans ma chambre à faire des observations sur les saveurs que nos papilles pouvaient encore discerner. Puis, je ne m'en rappèle pas tellement plus... On m'a raconté que dans le brouhaha des exclamations, j'émettais à l'occasion quelques ronrons imprégnés d'observations pertinentes. Je n'arrive toujours pas à le croire aujourd'hui.



Au réveil le lendemain, j'étais en mesure de sentir chacun des cheveux en train de former de nouvelles cellules sur le dessus ma tête.


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rédigé en 1996