Mario D'Eercommuniquez avec moi

Enseignant, auteur, biérologue

BrasseMonde


Après une lente remontée d'une quinzaine de kilomètres, la fenêtre s'ouvre sur un paysage délicatement sculpté. Le retrait laboureur des glaciers, il y a quelques millions d'années, a taillé dans le roc l'empreinte joviale du retour du beau temps dans cette région. Saint-André-Avelin se love au creux de l'une de ces vallées, de chaque côté des méandres de la rivière Petite Nation. Cinq jeunes idéalistes sont à la veille de troquer leurs rêves pour l'effervescente réalité de transformer l'eau du coin en nectar des dieux.


Jean Bernier, Guy Carrier, Christian Grenier, Pierre Chevalier et David Brodeur ont fouillé dans le fond de leurs poches pour constater qu'il leur manquait toujours quelques milliers de dollars pour quitter le monde des songes. La ville de Saint-André-Avelin et l'Association de développement économique de Saint-André-Avelin ont jeté les bases du pont nécessaire pour leur assurer la traversée requise. Et nos joyeux lurons ont finalement été en mesure de retourner dans le monde des rêves. Cette fois-ci, en s'appuyant sur le doux oreiller de l'assurance qu'à leur réveil, les formes arrondies formée par la mousse onctueuse enjoliveraient également leurs jours.

Je bois déjà à cette grande chope des fameuses chevauchées nocturnes que ce nom inspire...

On voit grand à la brasserie BasseMonde. Grand, comme dans «grandes bières», «grandes excitations des sens» et «grandes explosions de saveurs». Pour ce faire, ils ont fait appel aux services d'un maître-brasseur belge, Thierry Vanhavre. Fort de sa formation à l'Université Louvain-la-Neuve et de son expérience de brasseur, ce dernier a d'abord concocté un recette intégrant les meilleurs houblons et les épices les plus délicates, dont l'anis, la coriandre et le curaçao. Puis, il a décocté une bière aux formes rondes titrant autour de 7 % alc./vol. À sa naissance officielle, prévue pour la fin du mois de septembre, on la baptisera «L'Infidèle». Je bois déjà à cette grande chope des galopades gaillardes et joviales que ce nom inspire.


Lorsque le grand tapis blanc se dissipera au sortir de la grande nuit hivernale en 1997, une soeur verra le jour; «Nuit blanche». Comme son nom l'indique, il s'agira d'une Blanche, c'est-à-dire une bière de blé, toute douce et délicate, titrant autour de 5 % alc./vol. Je bois déjà à cette grande chope des fameuses chevauchées nocturnes que ce nom inspire...


Il faut en déduire que les premiers brasseurs de l'ère post-industrielle de la région visent un marché haut de gamme, le créneau des papilles averties.


Les prévisions de production pour la première année nous indiquent que, bien qu'ils aient la tête dans les nuages, leurs souliers sont bien ancrés dans le béton de la réalité: 2 500 hectolitres, deux-cent-cinquante milles litres, si vous préférez ou un petit peu plus que trente milles caisses de 24. Bref, à peu près 25 fois moins que Unibroue ou dix milles fois moins que Labbatt (au Québec seulement).


On retrouvera dans la brasserie une salle de dégustation qui permettra aux pèlerins de s'abreuver directement à la source du savoir onctueux. Pour trouver la brasserie, il suffit de suivre les indications de l'arena, de contourner cette dernière et de se stationner en face de l'édifice qui annonce BrasseMonde. Si vous souhaitez réserver quelques caisses pour votre établissement ou encore pour savoir où elle sera disponible lors de son lancement officiel, il suffit de communiquer avec Osiris au ...


Festibière de Chambly et bande dessinée


Nous retrouverons cette année au Festibière de Chambly (5 au 8 septembre), un choix jamais égalé de bières de dégustation au Québec. Je vous suggère d'arriver tôt sur le site qui ouvre à 11h00 ou encore d'utiliser la navette gratuite reliant le Parc industriel au site (Autoroute 10, sortie 22 et suivre les indications). L'entrée est 6$. On y fera le lancement d'une bande dessinée sur la bière; «Au bar du coin». Cet album est déjà disponible via BièreMAG (15,95 $)au 737-3715. Cheers!