Mario D'Eercommuniquez avec moi

Enseignant, auteur, biérologue

Antwerpen


Je ne compte plus le nombre de fois où mes papilles se sont envoyées en l’air avec la De Konink dans la ville qui l’a vu naître. Mes lampées ont asséché des verres dès1983. Un phénomène était toutefois bien visible: l’effacement de la présence française dans cette glorieuse ville.
Deux raisons qui compensent amplement pour oublier notre langue maternelle pour ne retenir que celle du plaisir des petits bols de De Konink.
Dans les années 1980, nous pouvions communiquer en français en déclarant notre nationalité, mais cette diplomatie s’est évanouie moins 10 ans plus tard. Anvers est mort: vive Antwerpen, qui signifie au passage «la main qu’on lance» (tentez de faire le lien avec le mot Anvers au passage en l’honneur du brave homme qui a coupé la main du géant et surtout percepteur de taxes. La statue est bien visible en face de l’hôtel de ville, au centre de la grand’place.

Nous devions justement la contourner, lorsque nous nous rendions à notre rendez-vous avec Beno Belmans (qui représente de grandes marques telles Duvel) au pub de l’Ange (vous vous doutez bien que le nom était aussi en néerlandais. Les quelques boleke que nous avons honorés sur place étaient bien. Les quelques autres que nous avons gobichonnés étaient encore meilleurs! Notre hôte nous a fait découvrir un réseau de pubs underground – au sens propre, c’est-à-dire sous-terrain, emménagés sous les voûtes des fondations des édifices.

Nous pouvions voyager d’une «enseigne» à l’autre sans exposer nos lèvres à l’air frisquet d’octobre. Lorsque nous sommes retournés au mois de mai suivant avec les participants de la Route belge de la bière, nous y sommes retournés, cette-fois afin de nous protéger de l’air réconfortant du printemps. Le pub de l’ange et les voûtes d’Antwerp. Deux raisons qui compensent amplement pour oublier notre langue maternelle pour ne retenir que celle du plaisir des petits bols de De Konink.