Mario D'Eercommuniquez avec moi

Enseignant, auteur, biérologue

Le Saint-Pub, Baie-Saint-Paul, Québec



Halte incontournable pour les amoureux de Charlevoix, le Saint-Pub offre une ambiance chaleureuse signée de son personnel débordant de joie de vivre. Halte incontournable des épicuriens, le Saint-Pub offre des plats originaux, gorgés de saveurs, mettant en vedette les produits du terroir. Halte incontournable pour les amateurs de bonnes bières, le Saint-Pub offre un choix de bières qui honore chaque style interprété. En résumé, Baie-Saint-Paul impose un arrêt obligatoire pour les jouisseurs des papilles. J’en suis.

Peu importe qui nous accueille aux portes de l’établissement, nous en sommes invariablement quittes pour un débordement de sourires qui nous donne l’impression de faire partie de la famille. Ceux de Nadine et de Dany par exemple brillent de l’éclat perlé digne des plus beaux commerciaux de Dentyne. Ou serait-ce ceux de Crest?

Peu importe ce que nous choisissons sur le menu «bouffe», le plat porte la signature espiègle du nouveau chef Patrick, qui s’en donne à coeur joie dans l’art de faire sourire l’éclat perlé de notre propre voûte palatiale. Peu importe ce que nous choisissons sur la carte des bières, le verre témoigne du débordement d’enthousiasme du brasseur Nico, pour la plus grande satisfaction du jouisseur invétéré qui sommeille en chacun de nous. D’accord: jouisseuse pour certaines d’entre-nous. J’oublie volontairement mes amies et amis amateurs du produit de la fermentation du raisin qui peut également faire les délices d’une attention digne de Bacchus.
J’ai alors poursuivi les taquineries avec une Dopple Bock (quelle réussite mes amis!). Fière de sa noblesse, cette Bavaroise née dans Charlevoix offre une véritable fondue au caramel au contact de la vinaigrette.


Patrick


Je me suis incidemment porté volontaire pour participer à l’atelier sur les vins que le patron animait le matin de ma visite. J’ai trébuché sur la gorgée d’un Gewürstraminer qui m’a inopinément transporté loin dans ma jeunesse, dans la salle de dégustation de la coopérative des viticulteurs de Ribeauvillé en Alsace. Deux voyages pour le prix d’un quoi! Ma halte incontournable coïncidait avec les célébrations du 5e anniversaire de l’établissement. Saison touristique obligeant, l’événement fut modestement, mais combien humoristiquement souligné par le personnel de la maison. Le témoignage de celui-ci à l’égard de Frédérick-dit-Fred, en disait long sur la complicité qui les unit toutes et tous. Qui explique également, j’en suis convaincu, pourquoi il fait si bon s’y retrouver.


Nico


En vertu du principe que le pain accompagne bien la plupart des mets, j’ai choisi selon mon habitude d’accompagner mon repas de quelques interprétations de sa version liquide. J’ai alors constaté que la palette de dégustation de la maison offrait un accompagnement à la salade du maître brasseur digne des plus belles partouzes orgasmoleptiques. Quatre bières courtisant le regroupement de feuilles, de légumes et de fruits unis dans une composition «moût de bière» vinaigrée à la Bontée Divine. Divinatoire! Voici les balbutiements de ma souvenance suite à l’implosion jouissive que m’a procurée cette expérience.

Accord «palette de bières et salade vinaigrette du maïtre brasseur»
Pour lancer le bal, la délicate blonde offrait d’abord une bise particulièrement rafraîchissante à l’ensemble, suivie par un enrobage malté qui nous donnait une impression de pain frais! La Chouenneuse marchait sur les pas de sa petite soeur sauf qu’en finale, c’est plutôt un enrobage de caramel au beurre qui enveloppait chaque élément de la salade. La bock ajoutait à la vinaigrette une note mielleuse incroyable, métamorphosant celle-ci de façon très jubilatoire. La porter ajoutait d’abord à l’ensemble du plat des partitions fumées et ensuite des notes de miel, tendres et veloutées. Le hasard a voulu que je termine l’assèchement de ces bières avant la fin de la consommation de la partie solide des épousailles. J’ai alors poursuivi les taquineries avec une Dopple Bock (quelle réussite mes amis!). Fière de sa noblesse, cette Bavaroise née dans Charlevoix offre une véritable fondue au caramel au contact de la vinaigrette. D’une grande complexité lorsqu’elle est consommée à titre exclusif de boisson, celle-ci mise essentiellement sur sa composante amplifiée de caramel lorsqu’elle courtise la salade du maître brasseur Nico. Nous sommes très loin d’une salade Nicoise mes amies (et amis). Cette expérience me permet d’avancer que l’accord «bières-salades» est impossible! L’accord se module à la vinaigrette, peu importe ce qui compose le plat.

Pour la suite des événements, toujours fébriles de tant d’émotions, le Bifsteack de côte 12 onces de la maison honorait dignement chacune des gorgées de la 8e jour – 2 ans d’âge, merveilleusement bien madérisée. Celle-ci apposait un baiser tendre et velouté à la chair de la viande.

Cette finale était digne de l’apéro du début de soirée: l’Al Capone élaborée pour la maison du Bootleger. Une grande blanche, gorgée de blé, généreusement zestée d’agrumes, surtout le citron.
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rédigée en 2001