Mario D'Eercommuniquez avec moi

Enseignant, auteur, biérologue

Robert Charlebois


Jusqu'à son album où il jouait au golf, Charlebois était mon idole, même dans ma période heavy rock alors que Huriah Heep, Deep Purple, Black Sabbath et tutti quanti faisaient vibrer mon existence.
Dans les rues nocturnes de la ville, tous les passants reconnaissaient mon illustre compagnon.
En 1993, lorsque je l'ai vu apparaître au petit écran vanter la Blanche de Chambly, la première chose que je me suis dite est: «WOW! Je vais connaître Robert Charlebois». L'écho de mon adolescence vibrait intensément dans mon corps.

Ma rencontre s'est concrétisée lorsque j'allais faire le reportage sur Unibroue au mois d'avril 1993. J'avais bien insisté auprès de monsieur André Dion, PDG de la petite entreprise pour que monsieur Charlebois participe à l'entrevue. Il est arrivé en Jeep, sérieux comme un pape et surtout, me prenant moi au sérieux. Il répondait généreusement à toutes mes questions. Mon émotion m'empêchait de penser, je flottais. Heureusement, j'avais bien pris soin de préparer mes questions et surtout de me munir d'un magnétophone.

Lorsque j'ai quitté la brasserie, plusieurs gorgées plus tard, je ne me souvenais d'absolument rien de ce qu'il m'avait dit! J'ai quand même réussi à faire un article potable dans les circonstances.

J'ai par la suite eu l'occasion de travailler à quelques reprises avec Charlebois alors qu'il était président d'honneur du premier Festibière. Je l'ai aussi souvent rencontré à maintes occasions dont ce fameux samedi soir à Strasbourg, dans le cadre d'Eurobière, Aux 12 Apôtres. Tout le monde lui offrait à boire et voulait boire en sa compagnie, sans oublier la photo de circonstance. Personne, parmi les groupies ne se souciait de son état. En fait, je constatais ce soir là que bien du monde, lorsque l'occasion se présente, abuse facilement de la bonté des gens, idole ou pas. Alors que l'état de grâce se pointait dans les couleurs de son visage, et que personne ne semblait se préoccuper de son bien être, je m'embusquai à l'entrée du petit coin pour lui offrir mes services d'accompagnateur à son retour d'une délivrance. À sa sortie, je l'ai immédiatement enlacé par l'épaule et lui ai dit au creux de l'oreille avec ma voix la plus tendre: «Robert, je te ramène à l'hôtel.» Pour seule réponse, il m'a tout simplement glissé un «Merci Mario», et nous sommes allés, ipso facto sans rendre de comptes à personne et sans régler l'addition non plus.

Dans les rues nocturnes de la ville, tous les passants reconnaissaient mon illustre compagnon. Il a bien eu le temps de dégriser notre ami Robert avant d'arriver à sa chambre. Et moi, et moi? Je flottais de l'avoir aidé. Mon ivresse quintuplée, je me considérais privilégié qu'il m'ait fait confiance cette nuit-là! Ben certain que je suis retourné au pub en prendre une autre :-)